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...His book paints a surprising picture of the bonds of faith between Christians and Muslims, and provides a ray of hope for the future.
Pulitzer Prize winner William W. Warner calls John Kiser's newest book, The Monks of Tibhirine, "...a must read shocker for those unaware of recent Algerian history. ...beautifully written."
Kiser reconstructs patiently and impartially the sad story of an Algeria in which spirituality and violence, peace and war, great hopes and great contradictions are skillfully interwoven. The book is a testimony to the living pain of a country in search of an identity.
By Mr. Kiser's own evidence, Muslims in general are not at war with the West in general, or Christianity in particular... What he does quite well is tell the story, at once sad and inspiring, of very good men who took their vocation seriously and died for it.
This book is not the first written about the monks of Tibhirine... but it could well be the best among all those written in any language so far.
"A heart wrenching story of French monks slaughtered by Islamic extremists in Algeria. Kiser builds up the drama leading to the monks death with the skill of a novelist... His painstaking characterization of each monk makes this an incredibly emotional story."
...The Monks of Tibhirine is not only a penetrating account of recent historical events, but of ideas and ideologies driving them.
As people seek to make sense of post sept 11, this wonderful book offers much needed perspective..the inward struggle and conviction portrayed ennoble those who read these lines.
An unusual and remarkable book: Part journalism, part psychological analysis, and part Judeo Christian-Islamic ecumenism, the author succeeds on all three fronts. A tour de force.
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Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre? Comment vous êtes-vous intéressé à cette histoire? Ce livre n'aurait jamais vu le jour si je n'avais passé une année sabbatique avec ma famille dans le sud de la France de 1994 à 1995. Pendant mon séjour, j'ai été le témoin des tensions causées par la relation historique de la France avec l'Algérie et des problèmes d'intégration des musulmans dans la société française, qui est beaucoup plus sécularisée que la société américaine. J'ai aussi fait partie d'un groupe de réflexion islamo-chrétien à la paroisse de Saint-Paul-de-Vence. J'étais étonné du degré d'ignorance mutuelle, malgré les relations anciennes de la France avec l'Algérie. J'étais intéressé par cette histoire parce qu'elle représentait pour moi une extraordinaire aventure, à la fois spirituelle et politique. A travers cet épisode, je voulais comprendre pourquoi " la religion " possédait un tel pouvoir dévastateur et positif dans le monde. A travers ces moines, je voulais rejoindre une expression de la foi chrétienne que je trouvais très convaincante. Pour moi, c'est un vrai christianisme de l'amour fraternel universel, vécu et non prêché, et dont la pratique est considérée par les membres de l'Eglise comme un simple signe de l'amour de Dieu pour les musulmans et tous les hommes de bonne volonté. En même temps, je voulais mieux comprendre le monde musulman et sa religion, vus à travers le regard de chrétiens bien intentionnés. Politiquement, je voulais comprendre la violence qui secouait l'Algérie, qui est comme un microcosme représentatif de l'ensemble des conflits dont souffre le monde musulman. Par ailleurs, j'ai passé six ans de mes études dans un pensionnat où j'ai vécu dans des conditions qui passeraient aujourd'hui pour monastiques. Cela a été une expérience positive pour moi, ce qui explique sans doute mon intérêt déjà ancien pour la vie monastique. Mais que faisaient ces moines dans un pays musulman? Leur présence, comme celle de tous les autres chrétiens en Algérie, est un héritage de la colonisation française. Quand la guerre d'indépendance prit fin en 1962, certains Français, et des étrangers d'autres nationalités qui avaient soutenu le droit des Algériens à l'autodétermination, sont restés en Algérie. L'Eglise a assumé une double fonction: servir les besoins des musulmans à travers des œuvres comme les écoles, les hôpitaux ou le soin des personnes âgées, et animer les paroisses des Européens demeurés en Algérie. Dans un pays musulman, les chrétiens doivent témoigner de leur foi à travers leurs œuvres et la sincérité de leur piété. La prière est très importante dans la foi musulmane pour exprimer son humilité et sa reconnaissance envers le Créateur. Ceci explique pourquoi la présence des moines était si capitale historiquement. Ils sont arrivés en Algérie au début de l'occupation française, au XIXe siècle, pour montrer aux musulmans que les Français n'étaient pas tous des athées. Les musulmans avaient été choqués par l'absence de signes ostensibles indiquant que les Français croyaient en Dieu. Pourquoi les moines sont-ils restés malgré les mises en garde des gouvernements français et algériens? Ils sont restés pour la même raison qu'une mère ou une infirmière prennent le risque de soigner un enfant atteint par la tuberculose ou le choléra. Comme trappistes, ils avaient fait un vœu de stabilité. Les moines qui vivent selon la Règle de saint Benoît s'engagent en effet à rester dans leur communauté pour toujours. Ils avaient par ailleurs développé des liens d'amitié et de confiance très forts avec leurs voisins musulmans, qui le leur rendaient bien. Cela impliquait d'être solidaires dans leur souffrance et leur insécurité, qui n'étaient pas moindres que celles des moines. Les musulmans, et non les chrétiens, étaient les principales cibles des groupes armés. Ce sentiment de solidarité aurait été brisé s'ils étaient partis pour un lieu plus sûr tandis que leurs voisins n'avaient pas cette possibilité. Quel enseignement peut-on tirer de cette histoire pour l'après 11 septembre? Cela nous rappelle que le pouvoir algérien était considéré par les islamistes comme un gouvernement à la solde de la France, et qu'aujourd'hui les Etats-Unis sont considérés par beaucoup d'islamistes comme une espèce de pouvoir colonial indirect, qui soutient des gouvernements au pouvoir souvent arbitraire et tyrannique. L'histoire des moines montre également le besoin de considérer la diversité de l'islam et des musulmans. Il y a beaucoup de différentes sortes de musulmans comme il y a bien des variétés de chrétiens. Il faut également se rappeler que la violence ne se produit pas par hasard. C'est une fièvre qui vient d'une société malade, dont la plaie infectée n'est pas soignée. La violence de l'islam politique radical est une forme de désespoir face à l'injustice ou l'hypocrisie des gouvernements, qui sont devenus insupportables à certains éléments de la société. Le 11 septembre est aussi un rappel que les "saintes écritures" peuvent être des armes redoutables dans les mains de ceux qui sont en proie à la colère et à la haine, et dont les leaders utilise les textes sacrés comme un menu à la carte pour servir leurs objectifs politiques. Ils peuvent souvent convertir habilement la colère de ceux qui sont incultes (en matière religieuse) en sainte droiture. Saint Benoît met en garde ses moines contre le " zèle amer " qui conduit à l'Enfer. Quelle leçon nous laissent les moines au terme de cette histoire? L'importance de contrôler ses passions, surtout la colère, et de ne pas les laisser se transformer en haine déchaînée. Ne jamais oublier, aussi, que les terroristes sont des gens en colère. Les moyens qu'ils utilisent montrent clairement qu'ils font partie des éléments les plus faibles et les plus marginaux d'une société, et leur frustration les conduit à utiliser leur propre corps comme moyen de destruction. S'ils avaient des missiles de croisière et des bombardiers, ils les utiliseraient à la place. C'était certainement le cas du FLN en Algérie. Mais, pour gagner, ils doivent être perçus comme ayant des arguments moraux en leur faveur devant le tribunal plus large de l'opinion publique internationale. Pourquoi les moines ont-ils été tués? La première question qui se pose est de savoir qui les a enlevés. Il y a beaucoup de théories que j'expose, mais je crois que leurs ravisseurs devaient mettre à exécution leur menace de tuer les otages si les Français ne faisaient pas certaines choses en temps voulu. Les ravisseurs avaient négocié un échange de prisonniers par des voies non officielles à l'initiative du ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua. Quand la machine officielle des services de renseignement a pris le contrôle des négociations et que les choses ne se sont pas passées à la date fixée, les terroristes ont pensé qu'ils avaient été bernés. L'Algérie est-il un pays dangereux aujourd'hui ? Avez-vous pu vous rendre au monastère? Oui, j'ai pu me rendre au monastère à l'automne 1999. Je ne pense pas que cela soit dangereux pour les personnes ordinaires, en particulier pour des gens de passage comme moi, s'ils suivent les conseils des gens qui habitent sur place. Ne vous aventurez pas sur des routes de campagne reculée, évitez certaines zones et rentrez avant la nuit ! En 1999 et en 2001, je ne me suis pas senti en danger à Alger. Les gens étaient assez décontractés et la vie semblait plutôt normale. Que retenez-vous personnellement de cette histoire? J'attache plus d'importance à l'entretien des liens familiaux et à la vie locale. Je comprends mieux l'importance des vertus de patience et de maîtrise de soi… surtout, tenir sa langue!
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